10.5 min readPublished On: janvier 28, 20210 Comments

Nous voudrions vous dire. Ce sujet nous a beaucoup surpris. En effet, on dépasse les limites de l’évidence. Pour nous retrouver dans une bulle. Avec le joli nom « d’enrobage commercial ». La cryothérapie ou le sauna à but thérapeutique, qu’en est-il vraiment ? Nous approfondirons ce sujet.

Depuis l’antiquité, des vertus de soins sont données aux bains froids. Et étonnamment, pour des températures extrêmement positives, les mêmes propriétés de soins sont avancées. Qu’en est-il vraiment ? Nous sommes d’accord avec vous: une bonne santé, c’est précieux. Il ne faudrait pas faire n’importe quoi.

La cryothérapie, quèsaco ?

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Pour commencer, voici une définition de la cryothérapie. Il s’agit l’application thérapeutique du froid. Sous toutes ses formes, nous pourrions en énumérer toutes les applications. Mais nous nous focaliserons sur la thérapie, en chambre contrôlée.

Voici un petit historique : c’est en 1978 qu’un docteur japonais mettait au point la chambre de cryothérapie. C’était à ses débuts un caisson, où on y injectait de l’air azoté. La température obtenue était de −164°C. En plus de ça, une méthodologie fût mise au point. Elle permettait d’évaluer l’abaissement de la température de la peau.

La température corporelle face au froid extérieur.

Le corps a une température de 37°C. Si elle s’en écarte, il peut y avoir des risques pour notre santé. Lorsque le corps fait face au froid, les muscles se contractent. C’est ce qu’on appelle le frisson. Il s’agit d’un mécanisme de défense du corps humain contre le froid. Tous ces mouvements rapides des muscles permettent en effet de se réchauffer. De plus, le sang s’épaissit pour protéger les organes, le cœur travaille plus.

Ajouté à cela que la respiration est plus difficile, lorsque le corps se refroidit progressivement. Vous serez d’accord sur ce point. Ces conditions ne sont pas confortables pour l’organisme. Tous ces réflexes corporelles ont pour objectif votre survie.

Les situations d’urgence

Avant tout, il serait bien d’avoir des repères. Afin d’évaluer les situations à risques. Observons par exemple le cœur. Le cœur se met a ralentir, si la température du corps descend au-dessous de 32°C degrés. A ce stade, il devient difficile de bouger car les muscles sont engourdis et rendent difficile le mouvement. C’est un début de paralysie.

Les risques face au froid intense sont la gelure et l’hypothermie. La gelure est une brûlure par le froid. Concernant l’hypothermie, il s’agit d’un abaissement anormal de la température du corps. Lorsque l’hypothermie est suivi d’une perte de connaissance. Si la personne n’est pas secourue rapidement, elle risque de mourir. Pour la cryothérapie du corps en entier (CCE), les expositions sont de 1 min à 3 min, ce qui paraît court. Mais au vu des accidents reportés dans une étude de INSERM. Il semblerait que cela soit assez suffisant, pour impacter le corps.

L’entrée dans un système de cryothérapie.

Pour la cryothérapie du corps en entier (CCE), il existe à ce jour des systèmes à 2 ou 3 chambres. Avec des températures variables, -10°C , -60°C et -110°C. Afin d’accompagner progressivement, la personne vers les -110 °C. Elle passe progressivement dans les différentes chambres froides . A noter que le temps d’exposition est de 1 à 3 min. Le patient doit porter des protections comme des sous-vêtements, des caches oreilles, des gants, des chaussures.

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Cryothérapie à un compartiment

Cryothérapie : quels sont les bienfaits ?

Le rapport de l’INSERM sur la cryothérapie.

Pour vous énumérer les bienfaits de la CCE. Nous portons à votre connaissance, un rapport de l’INSERM, de fin 2019. Ce rapport est titré :

« Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de la cryothérapie du corps entier à visée thérapeutique ».

Rapport de l’INSERM de 2019.

Le moins qu’on peut dire. C’est qu’il est complet. En plus, il permet de remettre les points sur les i.

Reportage de LCM sur cryothérapie

Ce document rapporte l’insuffisance de la qualité méthodologique des anciennes études sur la cryothérapie. Ainsi, on ne peut conclure à un effet positif avéré de la CCE. De plus, le rapport fait état de problèmes de sécurité. À cela s’ajoutent des effets secondaires identifiés. Telles que des brûlures au froid au 1er ou 2e degré, des maux de tête, des urticaires chroniques au froid et d’autres encore. Par exemple l’observation d’une dissection de l’aorte abdominale, après 5 séances de CCE. Ce qui est grave. L’aorte étant l’un des plus gros vaisseaux sanguins du corps.

Conclusion du rapport sur la cryothérapie.

Voici une citation de l’étude INSERM : 

La cryothérapie corps entier pose par ailleurs d’authentiques problèmes de sécurité. Des effets secondaires bien réels ont été matérialisés par les études de cas publiées, des témoignages de professionnels et des affaires en justice : brûlures locales au ler ou 2eme degré, céphalées ou accentuations des douleurs présentes, urticaire chronique au froid, panniculite a froid, intolérances digestives et plusieurs cas d’ictus amnésique. Un cas de dissection de l’aorte abdominale a enfin été décrit.

Rapport de l’INSERM de 2019: Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de la cryothérapie du corps entier à visée thérapeutique

Les conclusions du rapport invitent à faire des études méthodologiquement fiables sur les effets thérapeutiques de ce traitement. D’autant plus que la pratique de la CCE est populaire. Un dynamisme dû à un développement en réseaux de franchise. Mais ses effets indésirables pour la santé ne sont pas anodins. Ainsi il est important de rester vigilant, face à l’optimisme commercial pour la CCE. Globalement à la lecture du rapport de l’INSEM, la prudence devrait être priorisée.

D’autres thérapies par le froid existent.

L’hypothermie thérapeutique est une toute autre technique, car le patient est refroidi dans sa globalité (température centrale entre 32°C et 34°C) pendant plusieurs heures ou jours. Elle est utilisée en réanimation médicale notamment dans le cadre des suites de l’arrêt cardiorespiratoire.

Dans une autre mesure, il y a aussi les bains de neige ou d’eau froide. Des pratiques plus ancrées dans les traditions, de certains pays. Couramment observée dans les pays scandinaves, mais aussi en Ukraine et en Russie. Souvent accompagné de séance de sauna, il est dans la tradition de passer du chaud au froid plusieurs fois de suite.

Des enfants Russes en récréation. Crédit: RT France

Le sauna, qu’est-ce exactement ?

Le sauna est une petite pièce aménagé pour prend un bain de chaleur sèche. Les températures varient entre 70 °C et 100 °C. Sa pratique est une tradition en Finlande. Cette coutume sociale et familiale semble exister depuis plus de 2 000 ans.

Ce qui n’a pas échapper à l’UNESCO. En effet depuis quelques temps, le sauna finlandais est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

La culture du sauna de la Finlande, a été ajoutée à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette tradition a ainsi rejoint d’autres patrimoines comme le repas gastronomique français, le yoga indien, l’opéra de Pékin, le tango argentin, la cérémonie du café turc ou la fabrication de tapis iraniens.

Il existe même en Finlande, dans le champs politique, la diplomatie du sauna.

La température corporelle et la chaleur extérieure.

La sensibilité à la chaleur varie suivant les personnes. Néanmoins, lorsque la température extérieure dépasse 28°C. On commence à ressentir une sensation de chaleur. Il est à noter que les risques pour la santé apparaissent quand elle s’élève au-dessus de 35°C. On risque alors la déshydratation, hyperthermie et les coups de soleil.

De plus, la circulation sanguine est fortement sollicitée. Cela est dû à la chaleur sèche qui augmente le débit et la fréquence cardiaque. Puis la peau réagie par une vasodilatation périphérique avec une sudation. Le corps transpire afin de stabiliser la température interne. Il essaie de maintenir les 37°C, pour son bon fonctionnement.

Les bienfaits étudiés du sauna

Y aller régulièrement est bénéfique, pour le système cardiaque et circulatoire. Des chercheurs finlandais ont publiés une étude sur le sauna.

Elle a pu évaluer les bienfaits sur un groupe d’hommes. L’age moyen des participants était de 51 ans. Le plus jeune avait 42 ans et les plus âgés 60 ans. Afin d’avoir des résultats sérieux, le groupe était constitué de 2300 personnes.

Au moins 7 séances par semaine

Voici une partie des conclusions qui ont pu mettre en avant. Le point principal est la régularité des séances de sauna.

Avec 2 à 3 séances de sauna par semaine le risque de mortalité toutes causes est réduit de 24 %. Une diminution similaire est observée pour la mort subite cardiaque, les maladies cardiovasculaires ou coronariennes.

Jusqu’à 7 séances par semaine, les hommes du groupe de test semblent encore mieux protégés. Le risque de mort cardiaque subite est réduit de 63%. La probabilité de décès par maladie cardiovasculaire ou coronarienne est également réduite de moitié.

Le temps passé dans le sauna semble avoir un impact majeur sur la mortalité. Si les séances durent plus de 19 minutes, le risque de mort cardiaque subite est réduit de 52%. Des associations similaires se produisent avec une maladie coronarienne ou une maladie cardiovasculaire.

Des effets comparables à de l’exercice physique

Le lien entre sauna et santé cardiovasculaire, peut avoir plusieurs causes. Les auteurs de ces travaux présentent les observations suivantes. Au cours d’une séance, le rythme cardiaque peut grimper à 100 battements à la minute, voire 150 pour une séance plus intense. Ce qui est comparable à une activité physique d’intensité faible à modérée.

benefice du sauna
Équivalent à du sport à allure modéré.

Une pression artérielle plus basse a été observée parmi les membres du groupe. Ainsi qu’un meilleur fonctionnement du ventricule gauche du cœur.

Le sauna est bénéfique, mais avec vigilance et responsabilité.

Les risques du sauna sont nombreux suivant l’age, la durée d’exposition et l’aménagement du sauna. En effet, les enfants n’ont pas la même capacité de sudation que les adolescents et les adultes. De plus, ils sont plus vulnérables à la déshydratation.

Les adultes doivent aussi être prudents. L’exemple malheureux des championnats du monde de Sauna de 2010, est criant. Ces jeux étaient des concours d’endurance. Depuis 1999 à 2010, ils avaient lieu tous les ans à Heinola en Finlande. Mais en 2010, la mort d’un des finalistes lors du championnat a laissé un souvenir douloureux. La durée d’exposition dans un sauna est à surveiller. C’est pour cela qu’il est recommandé d’être en groupe.

Il existe d’autres précautions à respecter. Par exemple, la prise de boissons alcoolisées est déconseillée. En effet la sensibilité à la température peut être altérée. Mais aussi, la déshydratation peut devenir dramatique pour la personne. À noter aussi, que la sudation peut aggraver les symptômes de certaines maladies dermatologiques. C’est pour cela que le sauna est déconseillé aux personnes ayant une maladie de peau. Mais aussi cardiaque non stabilisée.

Le sauna infrarouge moins chaud et pratique.

Si la chaleur éprouvante n’est pas pour vous. Les installations à infrarouge peuvent présenter une alternative. C’est une installation fonctionnant à électricité. Dont la chaleur du sauna provint de panneaux infrarouges. Les rayonnements réchauffent votre corps.

La température de l’air ambiant dans ce type de bain finnois est moins élevée. Globalement, elle monte à 50 °C. Plus supportable que les 70°C à 100°C, des saunas traditionnels. Ces types d’installation sont des modèles de sauna d’intérieur. Ils vous procureront une expérience différente. Au niveau des odeurs, il n’y aura pas d’essences de bois à sentir. Au niveau de la transpiration, les modèles infrarouges font plus suer.

Pourquoi prendre tant de risque ?

L’endorphine fait partie de la réponse. Comme aborder plus haut dans cet article, les changements de température ont un effet sur notre cerveau. En réponse aux températures extrêmes, le corps humain sécrète des endorphines. La sécrétion de cette hormone dans le corps augmente considérablement lors d’une séance de sauna. Ainsi qu’après une séance de CCE. Cette hormone est importante pour notre bien-être.

Stimuler la production de d’endorphine

Le mot endorphine est l’association d’endogène et morphine. Il s’agit d’une substance chimique interne au corps, d’où le mot endogène. Elle est produite par le cerveau. De plus leur structure chimique étant proche de celle de la morphine. On observe les effets suivants. Elle réduit la sensation de douleur. Sa libération augmente le seuil de douleur pendant plusieurs heures après la sécrétion. L’inhibition des douleurs musculaires et tendineuses permet aux sportifs de maintenir leurs activités physiques. On se sent bien dans sa peau. On observe aussi un effet anti fatigue et un effet antalgique. On note aussi une accoutumance d’ordre psychologique.

Cette substance chimique peut apparaître dans le corps après avoir mangé du chocolat noir ou des aliments riches en vitamine C. Mais aussi lorsqu’on sent l’odeur de la vanille. D’autres situations comme rire pendant plusieurs minutes, produisent un effet identique. Le sport tient une grande place dans la production d’endorphine. Une bonne séance d’étirement est aussi bénéfique. Les variations de température et les pressions mécaniques exercées sur la peau, déclenchent aussi la production de cette hormone. Il s’agit d’une liste non exhaustive. Néanmoins elle peut aider à se faire une petite idée.

Conclusion

En conclusion à tout cela, il y a plusieurs types de cryothérapie. Allant des versions traditionnelles aux versions plus récentes. Les nouvelles offres de thérapie, avec l’ajout de technologie, proposent des températures plus extrêmes. Dépassant de loin les mesures climatiques faites en Antarctique. Pour leurs parts, les thérapies plus traditionnelles combinant le sauna avec les bains d’eau froide, ont pu prouver depuis des siècles leurs bienfaits sur la santé. En plus, des études fiables ont pu conforté les observations bénéfiques sur le corps.

Comme pour tout traitement le plus important c’est le bénéfice et le risque pour la santé. Ainsi une vigilance et du bon sens, prévalent. Les risques ne doivent pas être ignorés. Même si on en redemande après avoir essayé. La libération d’endorphine dans l’organisme ne doit pas rester le seul critère d’évaluation des bienfaits pour un individu.

Prenez soins de vous !

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